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mardi 10 février 2009

Quis custodiet ipsos custodes ?



Je viens de finir "Forteresse Digitale" de Dan Brown.

Ce livre comporte une bonne idée de départ : Et si quelqu'un était capable de développer un programme de cryptage absolument incassable ?
  • Serait-ce une excellente nouvelle pour la protection de la vie privée de tout un chacun ?

  • Ou le début du cauchemar pour les services de police qui ne pourrait plus jamais réussir à décrypter une communication entre personnes mal-intentionnées ?
La NSA est toute puissante, elle a des oreilles partout, dans nos téléphones et sur internet, mais son combat sans fin pour décrypter le moindre de nos messages est-il juste ? nécessaire ? indispensable ? la fin justifie-t-elle les moyens ?

Et pouvons-nous nous remettre entièrement entre ses mains pour garantir notre tranquillité ? ou devons nous prendre garde aux errements possible de ses dirigeants ?

Quis custodiet ipsos custodes ? (Qui gardera les gardiens ?)

C'est toute la question de ce livre...

Question intéressante, voire philosophique, que Dan Brown, dans ce premier roman, englue dans une histoire à l'eau de rose, parsemée de quelques invraisemblances techniques, avec, il faut le reconnaitre, une bonne intrigue à tiroir dans la partie du livre qui traite de la recherche de la clé.

Bref un roman, qui vous mets l'eau à la bouche plus qu'il ne vous rassasie, illustrant bien la technique naissante de celui qui écrira plus tard, le fameux Da Vinci Code.

mardi 24 juin 2008

Le second objectif

S'appuyant sur une réalité historique, l'opération Griffon (ou Opération Greif), pendant la bataille des Ardennes de Décembre 1944, Mark Forst nous livre ici un thriller militaire crédible, mêlant habilement stratégie militaire, opération commando, course-poursuite policière et action héroïque.

Sans atteindre le suspense et le rythme des romans de Ken Follet, qui reste pour moi le maître du genre des thrillers ayant pour théâtre d'opération la Seconde Guerre mondiale, l'auteur introduit une idée originale dans ce scénario militaire, le Second objectif.

La première partie du livre nous fait découvrir les personnages clés du livre :
  • le lieutenant-colonel Otto Skorzeny, personnage historique réel, le responsable de l'unité commando d'élite qui va mettre au point l'opération Griffon
  • le lieutenant Waffen SS Erich von Leinsdorf, impitoyable officier allemand qui jouera le rôle du méchant
  • Bernie Oster, un jeune allemand dont les parents ont émigré aux États-Unis dans les années vingt, et sont rentrés en Allemagne en 1938; pur-produit américain, revenu contre son gré en Allemagne, enrôlé à 18 ans dans l'armée allemande comme mécanicien, puis transféré à la salle radio comme traducteur, grâce à ses qualités de bilingue, ce sera le héros malgré lui de notre histoire...
Bernie et Erich vont faire partie du commando spécial qui va se voir assigner, à l'intérieur de la 150e Panzer Brigade, le fameux second objectif.

"N'espérez rien et vous ne serez pas déçus" leur conseille Otto Skorzeny. Erich va faire preuve d'une faculté d'adaptation et d'improvisation remarquable tout au long du roman, son personnage est d'ailleurs beaucoup plus captivant dans ce rôle d'espion que dans son rôle de lieutenant Waffen SS, exécutant implacable, et même serial-killer liquidant tous les témoins ou pions inutiles sur son passage.

Au fur et à mesure que se dévoile le fameux second objectif, se développe un troisième personnage clé, Earl Grannit, Police militaire, DIC (Division des investigations criminelles), policier new-yorkais dans le civil et natif du quartier de Park Slope, comme un certain ...

La course-poursuite est lancée et ira de surprises en rebondissements jusqu'au dénouement final, du côté de Versailles.

Un récit solide, une bonne idée de départ, une conclusion prévisible et un final ambigu, toutes les recettes d'un thriller tout à fait correct !

lundi 24 mars 2008

A l'insu de son plein gré...


Amerigo Vespucci n'a pas découvert l'Amérique (pour la petite histoire, c'est Christophe Colomb qui est arrivé troisième, si l'on considère que les Vikings avaient déjà découvert le Groenland en l'an 1.000 et que le continent était de toute façon habité depuis des dizaines de milliers d'années...)

Amerigo Vespucci n'a jamais revendiqué cette découverte non plus. Tout au plus a-t-il publié un récit de voyage ( "Mundus Novus" ), qui montre qu'il avait pris conscience lors de ses voyages que le Brésil et toutes les autres iles ou terres découvertes jusqu'alors à l'Ouest n'appartenaient pas aux Indes Occidentales, comme l'a toujours soutenu Christophe Colomb, mais bien à un Nouveau Monde.

Et pourtant, le continent américain s'appelle l'Amérique et non la Colombie !

Et Stefan Zweig de nous raconter en détail par quelle succession de coïncidences, d'erreurs, et de manipulation par des tiers, la version féminine du prénom d'Amerigo en latin s'est retrouvée qualifier le quatrième continent, bref, comment, à l'insu de son plein gré, Amerigo a donné son nom à l'Amérique (America), comme vous pouvez le voir sur le Planisphère de Waldseemüller, où apparait la première mention de ce nouveau monde !

Je ne connaissais pas cette histoire, merveilleusement racontée par Stefan Sweig avec une précision historique et une analyse critique très intéressante, sur un sujet qui a fait débat depuis et pendant des siècles.

Si vous avez envie de passer 2h en compagnie de ce livre très court, n'hésitez pas, c'est édifiant.

Lien : Livre de Poche